Cobol

Né il y a presque 60 ans, le langage Cobol représente encore un immense parc applicatif que les entreprises cherchent à rationaliser et moderniser, et ce plus souvent par des stratégies d’évolution que par des migrations brutales.

Pourquoi parle-t-on encore de Cobol en 2016 ? Né en 1959, Cobol fait figure de dinosaure. Pratiquement plus personne ne développe de nouvelles applications dans ce langage qui n’évolue d’ailleurs plus guère depuis une trentaine d’années, excepté quelques tentatives d’intégration du concept d’objet dans les années 1990. Il reste toutefois très utilisé, surtout dans la finance. « Le cœur du SI de la majorité des grandes banques est en Cobol et cela durera encore des années », confirme Stéphane Croce, pdg de Cobol-IT. D’ailleurs, selon une étude internationale menée en 2015 par Micro Focus, 51 % des 3 000 grandes entreprises interrogées estiment que leurs applications Cobol sont stratégiques.

Toutefois, ce parc soulève des problématiques de coûts d’exploitation et de maintenance, ou de reprise en main de la connaissance applicative. Une première approche consiste à se lancer dans de coûteux projets de remplacement des applications Cobol par des progiciels, ou à les réécrire dans un langage comme Java. Il est toutefois bien plus économique de les migrer vers Linux ou Windows ou dans le cloud. Les gains se font sur le matériel et les logiciels associés, ainsi que sur les compétences, plus répandues sur Linux que sur mainframes. De fait, selon Micro Focus, 44,9 % des entreprises ont déjà porté leurs applications Cobol sur Windows, 28 % sur Linux (dont 2,5 % l’ont fait en restant alors sur mainframe IBM) et 0,8 % les ont envoyées dans le cloud public. Cette migration peut parfois se limiter au code applicatif proprement dit, via un simple compilateur. Mais bien souvent, la criticité du transactionnel et des batchs impose de reproduire tout l’environnement de production, et de procéder à une mise aux normes de la sécurité. « Ce sont alors des projets d’intégration lourds, avec une notion importante de risque ».

Avec ou sans migration matérielle, l’évolution passe également par une modernisation du parc applicatif, à différents niveaux : intégration avec des applications Java, migration vers une base de données relationnelle, sécurisation, et intégration avec les architectures SOA, par exemple pour les invoquer à partir d’applications web ou mobiles. « On cherche alors à repackager sous forme de multiples services web, des applications initialement monolithiques », explique Stéphane Croce. On peut aussi se contenter de moderniser l’infrastructure de développement en la basculant sur Windows ou Linux, et sur des plateformes modernes comme Eclipse, Visual Studio ou IBM Rational.

Pour mener cette modernisation, la pénurie d’informaticiens est réelle sur les plateformes mainframes. Cependant, selon Patrick Rataud, « les compétences Cobol ne sont pas un problème en soi car il s’apprend vite et supporte les technologies logicielles modernes. » Le plus gros risque concerne la perte de connaissance des applications. « Même dans les grandes entreprises, la documentation souvent aléatoire impose un véritable travail d’archéologie », note ainsi Stéphane Croce. Côté outils, afin d’accompagner ce mouvement de modernisation, trois éditeurs – IBM, Micro Focus et Cobol IT proposent des compilateurs Cobol pour systèmes ouverts, qu’ils complètent par des plug-in Eclipse ou Visual Studio, des outils de supervision et d’automatisation de la production et des outils de support du transactionnel. Des méthodologies et des offres de services complètent ces boîtes à outils.

 

 

 

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