Les métiers de la transformation numérique

On les appelle souvent les «nouveaux métiers du digital» et ils ont un point commun : la rareté des formations adaptées. Ainsi, la plupart des professionnels concernés apprennent sur le tas. Ils sont «Traffic Manager», « UX Designer» et spécialistes du «Design Thinking» ou encore «Chief Data Officer».

Avant de comprendre ce que l’on peut trouver derrière le terme « révolution numérique», peut-être faut-il penser aux personnes qui pourront la mettre en œuvre. Car pas de révolution sans matière grise et les hommes qui vont avec. Et, pour le moment, autant dire que la transformation annoncée n’a même pas encore eu lieu au niveau des écoles! Pourtant le phénomène s’accélère et les demandes de recrutement pour les nouveaux métiers de l’informatique sont abondantes. – Les gens qui nous contactent nous parlent de leurs projets puis nous font part de leurs besoins en termes humains, explique David Majorel, directeur au sein du cabinet de recrutement Michael Page. Aujourd’hui, nous voyons clairement une dissociation entre les métiers dits “classiques  » de l’informatique comme les développeurs et ceux dits du “ digital  » qui sont des profils de statisticiens, de data analystes, experts en algorithmes, etc,

« Pour nous, la transformation numérique, c’est désormais de proposer des services qui correspondent aux besoins des utilisateurs», ajoute-t-il. Les profils du « digital » sont en vogue, que ce soit dans les startup ou dans les grands groupes : preuve que toutes les entreprises ont du mal à les trouver; indice d’une pénurie générale.

Traffic Manager

Et ceci est donc valable pour tous les types de métiers évoqués. « L’intitulé de mon poste a changé il y a 6 mois pour correspondre au standard du marché, mais mon recrutement a été une création de poste », glisse Rémi Cerf, Traffic Manager chez Bouygues Télécom. Lorsqu’il est arrivé chez l’opérateur il y a plus de trois ans, le métier n’existait effectivement pas en tant que tel. Encore aujourd’hui, le périmètre de la fonction peut paraître assez flou. ‘Mon travail se décompose en plusieurs tâches mais le chapeau commun, c’est la génération de trafic», explique-t-il encore. Le travail au quotidien est donc varié et va du SEO (Search Engine Optimization) au SEA (pour Advertising), en passant par la stratégie de ciblage jusqu’à l’analyse de données avec les équipes spécialisées. « Je suis rattaché à la direction digitale. Mon poste est très transverse et je suis amené à travailler avec le marketing, les développeurs, etc. Nous sommes même proches physiquement, mais je sais que cette organisation est variable d’une entreprise à l’autre.

Pour en arriver là, Rémi Cerf a commencé par un diplôme en marketing doublé d’un MBA Business où il a été initié au SEO/SEA. «La seule autre certification que j’ai passée es/ celle de Google Adwords. C’est d’ailleurs ce que je conseille aux jeunes diplômés qui voudraient faire carrière», ajoute-t-il. Pour ce métier, il faut aimer les chiffres! Je pense qu’il faut être doté d’un profil plutôt business et commercial, avec un bon relationnel et évidemment des notions en communication interne et externe. Sans oublier une bonne connaissance d’Excel», s’amuse-t-il.

Design thinking

En somme, c’est presque tout l’inverse des métiers qui s’orientent autour du design et de l’expérience utilisateur. Ce qu’on appelle désormais le « design thinking » et qui prend effectivement de plus en plus d’ampleur. Au siège de Bois-Colombes, en banlieue parisienne, IBM dispose d’ailleurs d’une centaine de mètres carrés pour accueillir ses clients sur ce sujet. Le design thinking, c’est la rencontre entre le business et le design -, explique d’ailleurs Fabrice Mauléon, enseignant à l’ESCEM et Chief Innovation Officer. * Ce n’est pas une discipline centrée produit, ni même artistique : il s’agit de s’intéresser à la manière de générer de l’innovation », ajoute-t-il. Comme souvent, l’exemple d’Uber revient : l’entreprise américaine n’a rien à voir avec les taxis : ils mixent culture numérique et design », Là encore, il n’existe pas d’école du design thinking. «La meilleure porte d’entrée reste internet et ses nouveaux formais d’apprentissage, notamment les Smaif Priuate Online Course – SPOC»,  précise Fabrice Mauléon.

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